Cheb Bilal
Depuis son jeune âge BILAL a adoré la
musique rai, vivant dans un quartier populaire " CHAUPOT " il fut
influencé par la musique traditionnelle et rai !
D'ailleurs ses débuts dans la chanson étaient plus dans le style " GHIWAN "
(MAROCAIN).
Il s'est installe à Marseille en 1990
Sa première scène fut en première partie de HASNI (rien que ça !) à
Marseille
Depuis ,il en a fait du chemin ! !, De sa première K7 (GHORBA OU
L'HEM)
BILAL a atteint un sucés remarquable en peu de temps et c'est la
raison pour laquelle on le compare souvent au regretté HASNI.
BILAL est marié et père d'un seul enfant " WAHID " qui a 10 ans.
BILAL vit actuellement à Marseille. et se produit un peu partout
dans le monde.
Cheb Bilal Suite ...
Tout de béton qu’elle est, la salle Harcha
a, par moments, bien vibré et résonné des échos de voix portés
jusqu’à l’aphonie des quelque 8 000 spectateurs venus passer le cap
du millénaire en chantant les paroles et en dansant aux rythmes des
musiques que comptait offrir We Aime les Artistes. Un leitmotiv pour
le public : "Billal, Billal, Billal..." Pas de doute possible, le
public a sa star et il la réclame à force de cris, parvenant même à
couvrir les décibels de la sono, pourtant en grande forme ce soir.
Tout Alger était dûment représenté à cette soirée qui devait se
poursuivre au moins jusqu’à une heure avancée du 1er janvier, 6h du
matin. Des jeunes, des moins jeunes, des filles, beaucoup de
garçons, des survêtements élimés, des petites jupes, des hidjabs et
des uniformes… bref, tout Alger était là dans presque toutes ses
couleurs et ses nuances.
"Ga’a ouled horma, ga’a ouled shaba’a...", a chanté Billal pour un
public qui lui était acquis bien avant qu’il n’apparaisse sur la
scène. Son look Barthez ou Obispo, c’est selon, que ce soit un ou
une admiratrice qui en parle, transmis en direct, explose l’écran
géant visible de toute la salle. Et quand avec ses mots et sa voix
soutenue à bout de derboukas et de banjos, il conte ceux qui n’ont
pas de horma et c’est toute la salle qui reprend en chœur le refrain
et l’amplifie bien au-delà des murs de béton de la salle Harcha.
C’était déjà à 2h du premier matin de 2001 ! C’était aussi le moment
où les organisateurs du concert ont décidé de faire rentrer,
gratuitement, les jeunes restés dehors et qui sont venus à point
nommé grossir les rangs des fans de Billal.
Mais bien avant que Billal n’arrive sur scène, le public avait eu
largement le temps de s’échauffer les cordes vocales. Bien avant que
le concert ne commence et quand la sono passait des enregistrements,
le public était déjà chauffé."Loukane yedirou allik bab hdid,
en-nakzeh wa en-ndjik ya lehbib...", avait eu l’occasion de répéter
la salle en se bougeant les épaules à la manière des danseurs de
saf.
Par moments et pour faire avancer les transitions qui lui semblaient
un peu longues entre deux artistes, le public ne s’interdisait pas
quelques : "Allez, allez, allez..." à la manière qu’il a l’habitude
de faire dans les stades de foot. Et c’est Cheb Toufik qui l’a fait
sauter de joie en ponctuant ces chansons de quelques : "Jouez,
jouez, jouez..." en évoquant Rahmouni, le joueur du Mouloudia
d’Alger, qui comptait ce soir-là de nombreuses "supportrices"
nichées dans les gradins réservés aux familles.
"Djiboulna el papiche", avait scandé très haut le fort public
masculin au tout début de la soirée en pointant des doigts les
pleines tribunes supérieures, centrales et de droite, exclusivement
destinées à accueillir les personnes venues au spectacle en
compagnie de leurs conjoint et enfants ou en couple. N’empêche que
la fête était partout à la salle Hacha, partout, sauf pour les
policiers en faction devant l’unique accès donnant sur le secteur
des familles. Eux ont eu bien du mal à contenir les vagues de jeunes
décidés coûte que coûte à franchir le dernier rempart les séparant
des filles, coûte que coûte même au prix de quelques coups de
matraques ou de rangers. Deux grandes catégories de resquilleurs
affrontent la vigilance mise à rude épreuve des policiers-remparts
de la sérénité familiale en ce soir de fête. Première catégorie :
les pleins de toupet. Pour eux, il s’agit d’emboîter le pas à une
famille au moment de passer le barrage. Cela finit presque toujours
par la question que pose un policier à l’une des femmes : "Et
celui-là, il est avec vous ?" Si la réponse est négative, ce sont
les coups de matraque qui volent. Deuxième catégorie de resquilleurs
: les fins parleurs. Ceux qui tentent d’expliquer aux policiers qu’à
cause de la cohue, ils ont été séparés de leur femme. Les policiers
écoutent mais n’entendent pas s’il y a quelqu’un qui, du haut de
l’escalier, reconnaît le "perdu". Si insistance il y a, des coups
pleuvront. Et enfin parmi les resquilleurs, il y a aussi une hors
catégorie. Celle des policiers qui comptent en exhibant leur carte
professionnelle avoir le privilège de passer dans le secteur des
familles. Leurs derniers espoirs viennent rapidement se briser sur
l’intransigeance d’un haut gradé de la police visiblement affecté à
cette mission. Mais partout, du côté des familles ou du côté des
"pas en famille", la musique faisait chavirer.
Meziane Izorane, en reprenant, derbouka à l’appui, la chanson
d’Enrico Macias, Mendiant de l’amour, a contribué à chauffer les
cœurs juste après que cheb Touffik eut réchauffé les voix quelque
peu calmées par le passage de Radia Manal et de sa prestation
chaabie. Elle, que certains auraient aimé entendre dans le registre
staïfi.
L’ambiance s’est carrément refroidie vers 23h quand, à défaut de
voir cheba Kheira ou un autre chanteur sur scène, c’est Belkacem
Zaitout, le poète de l’ENTV, qui prit sur lui de meubler au maximum
le trou dans la programmation. Un trou que les enregistrements,
notamment de I’ll survive de Gloria Gaynor, sont venus boucher loin
de l’ambiance raïe promise ce soir. Et c’est, dès son entrée sur
scène, que cheb Yazid, coorganisateur du spectacle, a fait les frais
du refroidissement. La foule insistait : "Billal, Billal, Billal..."
Le cap du nouvel an a été franchi à minuit entre deux chansons de
Yazid. Le nouvel an a été salué par une ovation et encore des
"Billal, billal, Billal..." de plus en plus forts et de plus en plus
hauts.
Il est 1h05, c’est au tour de Zahouania de faire son entrée dans une
salle qui voulait danser mais ne savait plus sur quel pied le faire.
Elle essaye de sonder son public et les réactions de ce dernier.
"Rakoum naymin ? ", l’interroge-t-elle. Le public répond : "Non."
Elle commence à chanter, essayant toujours avec quelque bonheur
cependant à faire suivre son public : Win rak tourgoud ? et Men Oran
el Marseille réchauffent la salle. Zahouania, qui chante au feeling
ce que son public aimerait entendre, ne manque pas de le taquiner,
elle l’interroge : "Veux-tu que je chante Sidi el capitaine signili
la quille ?" Le public n’a pas tout à fait le temps de réagir que la
chanteuse lui sourit et dit : "La, la, la..." Pour enchaîner sur
Boualem el ghal... Elle a du mal à finir la chanson, et dès qu’elle
prend fin, c’est le spectacle de Zahouania qui se termine en queue
de poisson. Mésentente évidente avec l’orchestre moderne de la Radio
et Télévision algérienne. Au sujet de quoi au juste ? Pourquoi
l’orchestre a refusé de suivre la chanteuse ? La question est restée
sans réponse.
Juste après l’incident Zahouania, ce sont de nouveau les
enregistrements qui prennent le relais. Cette fois, ce sera avec une
version mixée de la musique de la célèbre série Mission impossible.
Cheb Billal arrive enfin. Il est 2h45 du matin. À peine débarqué de
sa voiture, il se retrouve sur la scène laissée vide une heure
auparavant par Zahouania et l’orchestre moderne de la Radio et
Télévision algérienne. BilIal fera son tabac. Cette soirée était
finalement la sienne. Et il laissera la salle à Raïna Rai. Le public
danse et chante encore un peu, mais la salle commence lentement à se
vider. La fatigue et le froid aidant, beaucoup de jeunes gens se
sont trouvé une place pour piquer un petit somme. Dès la fin de la
prestation de Raina Rai, qui ne semble plus plaire aux jeunes
d’aujourd’hui, c’est toute la technique qui s’empresse de remballer
le matériel et la sono sous le regard interrogatif d’une grande
partie du public. Chaba Kheira, cheb khalass et Hakim Salhi ne sont
pas passés sur scène. La fête devait normalement être un peu plus
longue. Elle fut plus courte que prévu.